La France a-t-elle tué ses villes ? Voilà la question à laquelle différents intervenants ont répondu, mardi soir, à l’Arrosoir. Mais au-delà des réponses, ce sont surtout d’éventuelles solutions qui ont été évoquées.

Le constat est sans appel, dressé par Achille Warnant, étudiant géographe neversois : « Entre 1975 et 2014, la ville de Nevers a perdu 35 % de sa population, soit environ 10.000 personnes. Ces gens sont partis en périphérie, car le foncier y est plus accessible et les taxes moins chères. Ceux qui ont les moyens sont partis. Le centre-ville de Nevers s’est donc appauvri. »

Et maintenant, on fait quoi ? Le mouvement a été le même pour le commerce : avec des locaux plus accessibles et plus grands en zones, les commerçants sont également partis. « La fermeture des commerces dévitalise le centre-ville et du coup, les gens partent car il n’y a plus de commerce… C’est un cercle vicieux. »

Et maintenant, on fait quoi ? Les autres intervenants de la table ronde ont tenté de donner des solutions, des pistes. À l’image de Bernard Morvan, président de la Fédération de l’habillement. « Il ne faut pas penser que tout est foutu, ce n’est pas vrai ! », assure-t-il. « Il y a plusieurs choses à faire et notamment réhabiliter les logements en ville. S’il n’y a pas de bon logement, il n’y a pas d’habitants et de clients. Deux autres problèmes sont à régler : l’aménagement commercial du territoire et la fiscalité locale trop haute. En terme de zones périphériques, nous avons atteint un seuil aujourd’hui. »

Et l’homme de militer pour un moratoire sur l’extension des zones commerciales périphériques. Jean-Luc Dechauffour, président des Vitrines de Nevers, est d’accord. « Dans notre conseil d’administration, nous sommes à 100 % pour ! » Franco Orsi, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Nièvre est, lui, plus réservé. « L’interdit ne règle pas toujours les problèmes de fond. Mais à court terme, une pause, pourquoi pas. »

Denis Thuriot, maire de Nevers et président de l’Agglomération, a annoncé être en faveur de cette pause. Le schéma de cohérence territoriale (SCOT) qu’il préside propose ainsi un gel de l’extension des zones, en attendant la reprise démographique. « J’ai déjà dit non à des demandes d’ouverture, à proximité de l’aéroport. Il faut savoir qu’on a parfois affaire à du chantage : « Si vous refusez, nous partons de la région » nous disent les groupes. Il ne faut pas céder. »

Lara Payet

Article paru sur :  https://www.lejdc.fr/nevers/commerce-artisanat/institutions/2017/05/25/la-table-ronde-autour-de-la-desertification-du-centre-ville-de-nevers-a-attire-du-monde-mardi_12417313.html#refresh

2018-01-21T18:48:11+00:00